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Drôle de Juillet

Ce mois de juillet passe à toute allure. Ça me fait toujours flipper, le temps qui file. J’ai peur de ne pas savoir en profiter suffisamment. Je ne sais pas comment faire pour « profiter suffisamment ». Je ne sais même pas ce que ça veut dire. C’est à partir de quand, suffisamment. ?

Je me suis couchée, toute cette semaine, entre 3 et 6 heures du matin. Ces deux dernières nuits, je me suis couchée plus tôt, mais me suis réveillée à l’aube. 6H22, hier, 5h33 aujourd’hui. Impossible de me rendormir. Les matins ne sont pas dans mes habitudes. Ça change… j’aime bien…

Tout à l’heure, je suis rentrée chez moi à 8h. Ça m’a rappelé ma folle jeunesse, quand je découchais et que je rentrais après une courte nuit de sommeil, ou une longue d’autre chose. Alcool, danse, sexe, ensemble ou séparément. Mais hier soir, je me suis endormie dans le canapé-lit de ma sœur vers minuit. Je l’ai accompagnée ce matin à 7h30 à Bretonneau pour un nouvel examen. Puis, n’ayant pas le droit de rester à ses côtés, je suis rentrée, en attendant qu’elle m’appelle. Une matinée à attendre.

C’est un drôle de mois de juillet, de drôles de vacances. Suis-je en vacances ? Vacances de quoi, en fait ? J’avance au jour le jour, avec des hypothèses et des possibles toujours variants. Une inquiétude de fond, logée au creux de la poitrine. Pas de danger immédiat. Elle sera soignée. Elle guérira. Par quelles souffrances va-t-elle passer ? C’est la question. Souffrances physiques et psychologiques. C’est pour ça que je l’accompagne partout, sauf quand son mari est là. Elle est en garde alternée. Je suis là tout en prenant soin de ne pas l’envahir, de ne pas la lasser de ma présence, être là, à disposition. Pour quoi ? La tenir dans mes bras, la faire rire, débriefer les rendez-vous parfois riches en informations, ou totalement ubuesques, délirants, douloureux, épuisants. Pour partager une gourmandise, boire un diabolo Pulco, ou nous tenir côte à côte, en silence, elle crochetant, moi brodant. Être là.

J’écoute les chansons solaires de Michael Bublé. It’s a beautiful day and I can’t stop myself from smiling… J’ai envie de chanter à tue tête pour conjurer l’inquiétude, les soucis, la fatigue. Cette préoccupation première n’éclipse pas les autres. Elles se superposent. Elles se manifestent en une cacophonie désagréable. Mes quelques heures de sommeil sont peuplées de rêves épuisants. L’année scolaire qui vient de s’écouler pas encore digérée, celle qui arrive me préoccupe déjà. De bonnes rencontres, d’autres décevantes, plus douloureuses qu’elles ne devraient. Luce me dit que je ne fais pas assez confiance à mon instinct, que je ne pose pas assez le cadre. Elle a raison. Je me dis trop souvent que j’ai peut être tors, que je me fais des idées. Je ne veux pas être trop catégorique. Je tiens à laisser le bénéfice du doute, ma porte reste ouverte. Je ne veux pas être injuste.

Je garde de mon enfance la peur de ne pas être « satisfaisante ». Je pardonne tout, j’ai à cœur de m’adapter, de donner ce que l’on attend de moi, parce que j’ai peur qu’on me « jette ».

Très clairement, c’est ce qu’il s’est passé ces dernières années. J’ai bien communiqué comme dans les manuels. J’ai parlé de mes besoins, signalé ce qui me posait problème. J’ai demandé poliment, avec des s’il te plaît et des merci, à l’écoute des demandes, compréhensive. J’ai beaucoup travaillé sur moi pour rentrer dans le moule. Mais ça a été comme pisser dans un violon pour l’accorder. Des planètes trop éloignées pour s’entendre. Alors j’ai fait un énorme effort, j’ai dit stop. J’ai dit que ça ne me convenait pas. J’ai expliqué de nouveau mes besoins, mais là, j’ai ajouté que je ne changerai pas, qu’il faudrait me prendre comme je suis. La réponse est venue, plus tard, en douce. La réponse que je craignais. Ce n’est pas très grave, embêtant, forcément, financièrement, mais c’est douloureux parce que ça appuis sur une blessure infantile. Alors j’essaie de me faire des câlins, quand je peux, quand j’y arrive. C’est plus facile d’en faire aux autres, en fait. Et je rêve, comme une petite fille, que quelqu’un m’en fasse. Que quelqu’un s’occupe de moi, me rassure. J’ai besoin d’un papa ou d’une maman, tendres et bienveillants, comme dans les films. C’était pas le genre de la maison, et maintenant, j’ai passé l’âge. C’est à moi de jouer ce rôle là pour moi même.

Pff ! La vie est dure quand on est une petite patate.

2 commentaires sur “Drôle de Juillet”

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