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Panne de Sens

Je suis en panne de sens. Sur la route, au volant de ma deuch cabossée au moteur pimpé, depuis un millier de km, j’ai comme des moments de doutes. Je ne sais plus comment c’est arrivé. J’étais au volant, je faisais gaffe aux virages, à la chaussée glissante, dans les moments calmes, je matais le paysage et puis d’un coup, « Saperlotte ! Où suis-je ? » Je ne reconnais rien, le décor à pâlit ! Je ne sais pas si je me suis trompée de route, de jour, de mois ou d’année.

Comme c’est pas rationnel, je continuer d’avancer et puis l’impression passe. Mais elle revient, elle revient de plus en plus souvent et dure de plus en plus longtemps, jusqu’à ce que j’avance continuellement baignée dans un sentiment d’étrangeté au monde. Je ne cesse de refaire le parcours dans ma tête. « Est ce que j’ai eu raison de prendre à gauche à la dernière intersection ? Valait-il mieux faire demi-tour ou continuer sur la route principale ? » A force de rouler, je ne sais plus ni où je suis ni d’où je viens. Voilà, en ce moment, ma vie, c’est ça. Je continue d’avancer, je mets de l’essence, mais plus rien ne fait sens.

Alors, oui, évidemment, la vie même est une absurdité. On est au monde, point. Mais comme disait Lewis Carol par la bouche d’Alice au pays des merveilles : « Si le monde n’a aucun sens, qu’est ce qui nous empêche d’en inventer un ? » Il me semble que je ne manque pas d’imagination, d’ordinaire, mais là, je suis en plein syndrome de la page blanche. Je cherche en vain la réponse à cette question : « qu’est ce qui m’empêche de trouver un sens à ma vie ? » La fatigue, des adhérences, des croyances bloquées en travers de la gorge ? Le marasme ambiant, la politique délétère, ma solitude ?

Toutes ces raisons simultanées et d’autres encore, enchevêtrées indissociables, aux causalités réciproques. Une pelote de laine abandonnée à une bande de chats exaltés.

Seulement, je ne veux pas sombrer avant le Titanic. Je veux être de ceux qui au plus profond de l’obscurité se souviennent d’allumer la lumière. N’est ce pas Albus. Mais putain ! Il est où l’interrupteur ?

Ma sœur me dit : » Avant de tout foutre en l’air, vas faire un tour. » Je ne sais plus à combien j’en suis.

Tiens, si je faisais un groupe de parole ? Une conversation sur les reseaux ! Sans blague ! Je ne dois pas être la seule à vivre ça. Il doit bien y avoir des gens qui ont trouvé leur chemin ! Et si le partage d’expérience pouvait m’aider à sortir de la boucle ?

Oui, je sais… Parfois, je suis naïve, pleine d’espoir idiot. L’expérience est une lanterne qui éclaire dans le dos. Je vais encore être déçue. Ça va être le festival des portes ouvertes, le Ségur des lieux communs et rien d’utile. Je vais me mettre en colère, puis la colère va tomber et la tristesse prendra ses quartiers jusqu’à ce que je lui trouve un remplaçant. « Entreprise vouée à sa perte recherche assurance heureuse, enthousiasme serein, pour relation durable. Fumeur de papillon de lumière, et winner de la win s’abstenir. » Si je poste ça sur facebook, je suis sûre de trouver. C’est beau la bienveillance universelle.

C’est comment qu’on freine ?

Commentaires

Steph
11 octobre 2020 à 7 h 57 min

Et si il fallait choisir sa route sans rien attendre pour ne pas être déçu ? Juste s’entourer de quelques personnes qui sont dans la mm sphère . Observer les couleurs dans transformation.
Belle rebelle, intelligente douée de cette sensibilité qui ne touche que peu de gens , j aime beaucoup ta manipulation de la langue .
Il règne partout un vie de vie et d’envie , c est évident , juste filer un coup de volant pour ne pas frôler cette voie.
Quand est ce que je te masse ! 😊



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