Aude dite Orium

Le M.E.F

Ceci est un appel à t’aime, appel à témoin. Non, je ne bégaie pas. J’ai envie de parler d’une chose que je ne m’explique pas, et j’aime bien m’expliquer des trucs. J’ai besoin de comprendre, de trouver un mécanisme, une logique, même absurde à ce phénomène qui fait parti de moi depuis toujours, mais que je commence à cerner que depuis peu.

Je suis atteinte d’un truc, que je nommerais le MEF (Montée d’Émotion Fortuite).  Et ouais, rien que ça. Ça ne vous arrive jamais à vous ou ça vous arrive tout le temps ? Bon, au cas où, je vous explique. Imaginez-vous tranquille pépère dans votre quotidien, concentré sur une tache quelconque, et soudain, bim ! Sans prévenir, une émotion violente vous envahit. Une émotion violente qui n’a absolument rien à voir avec rien. Juste une émotion comme ça gratis. Mais pas sans engagement.

Ce n’est pas que je suis prise d’angoisse exagérée en lisant mon relevé bancaire, ce n’est pas une joie outrancière en apprenant que ma nouvelle à été retenue pour le prochain Osez 20 histoires, ce n’est pas une bouffée de tendresse délirante qui m’envahit devant une vidéo de chaton, non. Imaginez plutôt que je je regarde un tuto d’un truc technique et soudain, j’ai envie de pleurer, je lis un article sur Deleuze et soudain, j’ai envie de sexe, je gare ma voiture, une joie profonde m’envahit. Vous voyez le tableau ? Ça marche avec n’importe quelle émotion qui peut surgir vraiment n’importe quand.

J’ai essayé de photographier ces instants pour voir si je n’avais pas de pensées automatiques qui pouvaient susciter des émotions, mais à priori non. Bon ok, c’est cool les émotions, on se sent vivant et tout et tout, mais quand ça vient n’importe quand n’importe comment sans lien avec ce que l’on vit, pense, sur le moment, c’est grave RELOU !

Je marche tranquille dans la rue, je suis d’humeur tranquille, neutre et tout à coup, je suis en colère, ou j’ai de la peine à retenir une envie de m’esclaffer, tout à coup je dois porter un fardeau, comme si j’étais au désespoir,  comme ça, pour rien.

Pendant très longtemps, j’ai cru que j’étais vraiment malheureuse. Je cherchais les causes de ce lancinant chagrin qui frappait mon poitrail (il n’y a que maille qui m’aille). Et  je trouvais, parce que quand on cherche, on trouve. Grâce à mes amis les psychanalystes, j’ai raclé le fond de mon inconscient, j’ai repeint le ça, le surmoi et le moi de tous les topics Freudiens, Lacaniens et Lacaniennes, vont chanter vont danser sur le violon… la faute à qui donc, la faute à… mon esprit tordu qui pense à cette chanson, à chaque fois que je pense le mot Lacanien, merci Pavlov.

Il m’a fallu bien longtemps pour réaliser qu’en fait, non, je n’étais pas dépressive, que ma vie n’était pas une catastrophe, et que mes émotions n’étaient pas forcément le reflet, l’expression de mes pensées conscientes ou inconscientes, ni la faute papa, maman, la société, bouhouhouh! Évidemment, je me prenais vachement moins la tête pour les émotions positives, bien qu’elles m’aient parfois conduites à des débordements que j’ai amèrement regretté par la suite. (je vous raconterai peut être une prochaine fois.)

Maintenant, quand ça m’arrive, je ne cherche plus de raison, j’attends que ça passe, mais c’est lourd, lourd, LOURD !!!  Ça passe pas toujours très vite. Comment avoir confiance en soi, quand on ne peut pas faire confiance à ce qu’on ressent, quand vous vous prenez une baffe émotionnelle qui vous met le cul par terre, en pleine action, action qui n’a rien à voir avec la choucroute. Parce que quand je suis seule, c’est fatiguant, mais gérable, mais quand je suis en plein cours, en entretien, en pleine négociation, en plein coït… C’est … Putain vous ne pouvez pas savoir ce que c’est… Comme un jour de règle dans un pantalon blanc, une diarrhée aigüe pour un entretien d’embauche, le syndrome de la Tourette chez les moines ayant fait vœux de silence.

Bon, faut que j’aille taffer. Là j’ai les boules, mais c’est normal, je vais faire l’amuseur public pour des décérébrés imbus grossiers, des Cro-Magnon en effervescence hormonale. Je vous jure, c’est pas drôle du tout. En plus c’est mal payé. Putain je suis à la bouuuuuurre !

Alors, ça  vous arrive ou bien  ?

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