Aude Dite Orium / Journal de confinement

Confinement jour 2

J’ai été réveillée à midi par le coup de téléphone d’une de mes sœurs. Je m’étais réveillée à 10 h et me suis rendormie comme une fleur. On s’est fait un appel visio. On habite à 10 minutes. On est restées plus d’une heure. On ne se voit pas souvent. On a échangé nos sensations, nos vécus domestiques et nos craintes.
Hier je me suis dit que j’allais essayer de ne pas trop me décaler. C’est raté. Il est 14h30, je prends mon premier repas de la journée.

J’ai ouvert grand la fenêtre, je suis sortie sur mon balcon. Le quartier est calme, mais pas bouclé. Il y a encore des voitures et des passants. J’ai même vu un bus. J’ai été étonné, je croyais que les transports en commun étaient interrompus. Il fait très doux. Tout à l’heure, j’irai peut-être installer un fauteuil pour y lire et prendre ma dose de lumière.

Je suis sortie de chez moi, mon autorisation en poche. Je soussigné moi-même certifie faire ce que je dis et dire ce que je fais. En descendant, il y avait deux nouvelles affiches d’information dans le hall de l’immeuble. J’ai eu une fausse joie, j’ai naïvement cru que la société HLM nous informait qu’elle nous autorisait à avoir des défauts de paiement pour le mois en cours. En fait, non, elle nous informe qu’il n’y aura plus de ramassage d’encombrants ni de ménage fait dans les communs et nous recommande d’en prendre soin. Normal, mais recommandation inutile. Arrivée aux containers enterrés de poubelles, c’était comme d’habitude, des sacs abandonnés sans prendre la précaution de voir si le container est plein.

Il fait beau dehors. Et doux, une belle journée de printemps. Il n’y a pas beaucoup de monde. Je profite. Je bifurque vers la supérette à côté de chez moi. Elle est a demi ouverte. Le grand rideau de fer est baissé, elle n’a ouvert qu’une petite porte de côté. L’accueil est étrange, les caisses sont entourées de films alimentaires. On ne fait que deviner le personnel derrière.. Il règne un calme inhabituel. Les rayons sont vides de clients, et quelques uns de denrées.

Provisions faites, je continue la ballade. Les dealers d’en bas de chez moi sont toujours à la même place. Ce ne seront pas forcément les meilleurs qui partiront le plus vite. Ils checkent, s’embrassent en criant le mot « confinement ». Ils ont appris un nouveau mot, c’est déjà ça.

Comme une petite vieille, je m’assieds sur un banc au soleil. Je capte ses rayons et regarde mes concitoyens, badauds et promeneurs de chien. Je n’ai pas vu un seul enfant. Va falloir tout de même songer à les faire courir derrière la voiture sinon va y avoir du flying kids.

En rentrant je me suis lavé soigneusement les mains, mes clefs, les poignées de portes et mon téléphone. J’ai pas lavé les paquets de bonbons que j’ai acheté (oui, c’était des courses de premières nécessités). … peut-être que j’aurai dû.

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