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Abyme

Je suis sur mon canapé. Comme d’habitude, l’ordi sur les genoux, je regarde par la fenêtre. Une sensation vague dans tout le corps. Je cherche les contours de mes émotions, tout est flou.

Pieds croisés, calme extérieur, tension intérieure, posture habituelle. Rien ne transparaît, c’est tout juste si moi-même je sais. Mes doigts courent du clavier au trackpad, je me diffuse, me disperse dans l’internet. Il y a tellement de vies qui s’agitent sous mes yeux, tellement de pensées, d’informations. C’est une vie intense dans laquelle je me dissous.

Je prends une grande respiration, si grande qu’elle m’épuise. Mon regard s’échappe vers le ciel, en bas un brouhaha inutile. Je rêve d’autre chose, au soleil, la nuit, retour à la terre, agitation urbaine, culturelle, cultivable.

j’appelle les livres à la rescousse, lire, analyser, comprendre, décortiquer, projeter, savoir. Qui pense quoi, pourquoi ? J’ingurgite, boulimique à en vomir, le temps, le sang, les peines, perdues, il me semble, chaotiques en moi. Ça se bouscule, s’étripe, s’arc-boute, se tord, me tord. Je ferme les yeux, j’attends que le calme se fasse. J’attends le temps que je n’ai pas. Aussitôt je me lève, reprise par les clameurs alentours.

Ma vie, mon travail, ma famille, enseigner, partager, animer, tendre une foi vacillante, laver, ranger, trier, sourire, froncer les sourcils, aimer, s’inquiéter. Relever les yeux et me demander, encore où je suis, ce que je fais et pourquoi ? L’inéluctabilité est elle satisfaisante ? Refaire ce que d’autres font, depuis toujours suffit il à m’apaiser, remplir le gouffre vertigineux ou s’entassent pèle mêle, mes souvenirs, mes craintes, mes espoirs, mes illusions, mes déceptions. Ce gouffre vorace engloutissant les réponses à mes questions et qui en appelle, éternellement de nouvelles.

Quel est cet abyme ?

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