Osez 20 histoires de sexe inavouable

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Faut-il vraiment réaliser tous ses fantasmes ?

Vous trouvez que la littérature érotique, c’est toujours un peu pareil ? Qu’en matière de sexe, vous avez déjà tout lu ? Que ce n’est pas un énième recueil de nouvelles qui fera rosir vos joues et accélérer les battements de votre cœur ? Alors ce Osez 20 histoires de sexe inavouable risque bien de vous surprendre. Voire de vous bousculer un peu. Vous y découvrirez une femme bien sous tous rapports devenir l’esclave sexuelle consentante d’une bande de voyous, un dégraisseur d’entreprise craint et respecté se faire humilier en privé par une dominatrice, une épouse aimante s’offrir à des routiers sur un parking sous l’œil de son mari resté dans sa voiture, et autres personnages hauts en couleurs animés par des fantasmes pour le moins… inavouables !

Avec la plume ciselée de Clarissa rivière, celle délicate et mordante de Perle Valens, ou celle originale et perverse de Jon Blackfox. Ainsi que 17 autres plumes que je vous laisse découvrir, j’avoue que je n’ai pas encore fini la lecture.

« Coupable volupté que le danger procure »

Raconte les émois d’une jeune femme qui découvre qu’elle est atteinte d’une étrange paraphilie, l’Autassassinophilie. C’est être accroc aux situations dangereuses, une rue sombre, un bruit inquiétant, c’est s’astiquer devant les thriller psychologiques, les filmes d’horreurs, ou fantasmer sur sa propre mort, par arme blanche, étranglement, ou peut être meme un kidnapping avec torture ou bien même… Chut ! On se calme…

Je suis tombée sur cette « perversion » en furetant sur le net en quête d’inspiration pour le thème inavouable.
Qu’est ce qui est inavouable, après tout ? Ce qui l’est pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.

Afin d’être à la hauteur des recueils de la Musardine et des autres plumes qui viennent s’y amuser, je me devais de trouver un truc un peu… abject, avilissant, coupable, dégradant, déshonorant, honteux, ignoble, indigne, infâme ? … un peu spécial, quoi.

Attention âmes sensibles s’abstenir, mon héroïne est une vrai vilaine.

Je vous souhaite une très bonne lecture. Que ce recueil débordant d’imagination vicieuse vous accompagne au boulot ou en vacances et surtout tard la nuit, seul.e dans une maison isolée…

Osez 20 histoires de sexe inavouable

Osez sexe inavouable

Adieu Malow

Il parait que ça ne se fait pas, enfin, j’ai toujours eu l’impression qu’il fallait cacher sa peine, à la perte d’un animal. Il est autorisé de pleurer 5 minutes, mais après, c’est bon, on va pas faire chier tout le monde avec notre sensiblerie. Parce qu’avoir de la peine parce que notre animal de compagnie est mort, c’est de la sensiblerie. Et la sensiblerie, c’est mal. Sensiblerie : sensibilité outrée et fausse ; compassion ridicule et déplacée. Ridicule et déplacée, c’est ça.

Mon chat, Malow est mort. C’était moche. Il a commencé par cesser de s’alimenter, puis il est mort. J’ai pris rendez-vous chez le vétérinaire. Il y a eu un délai de 4 jours. 4 jours où il n’a pas mangé, 4 jours où je l’ai vu s’affaiblir, pour ne plus être capable de se porter. J’ai rappelé la clinique, ils m’ont dit de venir en urgence, mais ont finalement gardé le rendez-vous initial, avec pour objectif l’euthanasie. Ils l’ont gardé en attendant le rendez-vous. Quand je suis revenue, il était mourant. Les yeux vitreux, immobile, respirant à peine. Le vétérinaire lui a fait une injection, il y a eu quelques spasmes et il est mort. Je ne sais pas si cette piqûre a abrégé ses souffrances, n’était-il pas déjà trop tard ?

J’ai l’impression d’avoir été en dessous de tout, de l’avoir trahi. Je sais qu’il n’est pas un humain, avec des pensées et des attentes humaines, mais j’étais responsable de lui, et puis je l’aimais.

Depuis, il me manque. Le matin, il n’est plus là, précipitant mon réveil avec ses moustaches pour que je le câline et le nourrisse. Le soir, il ne joue plus avec mes pieds quand je les glisse sous la couette. Il n’est plus et ne sera plus jamais derrière ma tête sur le dossier du canapé. Il ne me lacérera plus jamais la peau tant il voulait s’installer sur mes épaules. Il ne roucoulera plus jamais. Parce que Malow ne miaulait pas, il chuintait, il ne ronronnait pas, il roucoulait.

J’ai râlé contre lui, l’ai traité de con, 1 000 fois, j’ai ramassé trop de vomi dans lesquels j’avais précédemment marché. Durant ces 13 années de vie commune, qu’est ce qu’il m’a fait chier !

Je l’avais récupéré dans la rue. Un soir, il est venu vers moi, dégingandé et pouilleux. Il a fait semblant de tergiverser, se cachant derrière une touffe d’herbe, une roue de voiture, et enfin mon pied. Les puces lui sautaient de la tête, une vrai fête foraine, le truc. J’ai cherché en espérant ne pas retrouver, d’éventuels propriétaires, et puis il était adopté. Il ne voulait jamais sortir de la maison. Au pire, il s’allongeait au soleil sur le paillasson, mais il n’est jamais allé plus loin.

Il était tout noir, il a toujours été petit et menu. Un mâle dominant en carton. Putain, c’est fou comme il me manque.

Malow me manque, et je voudrais ne plus ressentir cette douleur, cette culpabilité de ne pas avoir été meilleure, je voudrais effacer sa souffrance, c’est tellement moche la mort !

Il n’est plus, mes bras sont vides, il ne reste que son absence.

Un jour, il ne restera que les bons et doux souvenirs, la douleur sera diffuse. j’ai hâte. Aujourd’hui, je n’ai que mes larmes enfouies.

Adieu mon Malow, j’ai pas envie, mais t’es parti. C’est la mort qui t’a emporté. Bon voyage mon pépère. Bon voyage, je t’aime.

J moins 5

Je m’ennuie, le dé-confinement c’est demain, dans une éternité

Je tourne en rond dans mon appart depuis trop longtemps

On se marche dessus,

Je regarde par la fenêtre.
Mon vélo me dit qu’il ne peut rien pour moi

Je veux voir le ciel, il n’y a que le plafond

Je retombe sur mes pieds

Je m’en fou, je prends de la hauteur

Je joue à chat perché

Ça y est, je vole !

Corps et confinement

Ma gueule, mon bide et mon cul vous emmerdent, vous mes complexes.

Depuis le début du confinement, tout en m’insurgeant contre les injonctions, articles putassiers et vils des journaux féminins ou autres influenceuses de la toile, de la part de connards inconscients et satisfaits de leur humour de connards, je m’inquiète de mon apparence. Faut dire, que j’en tiens une large couche. Non seulement, je suis ménopausée, mais en plus, j’ai pris 10 kg depuis deux ans.

Donc, je me rapproche de plus en plus de ce que l’on appelle une vieille grosse moche. La quinqua qu’a lâché prise.

Malheureusement, je télé travaille.

Je passe donc quelques heures de ma semaine en visio. Comble de l’horreur, en plus de montrer mon visage à mes interlocuteurs, l’appli agite mon image sous mon nez. Amis du télétravail, vous comprenez ce que je veux dire, c’est le cauchemar. C’est d’autant plus le cauchemar que c’est un cauchemar. C’est un cauchemar de me voir, et c’est un cauchemar que ce soit le cauchemar. Je devrais me foutre de mon apparence.

Je ne suis pas top-modèle, mon métier ne me demande aucune performance esthétique, je devrais être tranquille avec mon corps. Tant qu’il est en bonne santé, où est le problème ?

Je ne me supporte pas.

Et bien le problème est que je ne me supporte pas. Le problème est que j’ai tellement bien intégré les valeurs et les croyances patriarcales sur les femmes que je me fustige pour le moindre défaut. Chaque kg, chaque courbe, chaque poil, chaque ride, est une claque que je m’inflige, et chaque claque me révolte.

Même si je n’ai jamais eu de problème de séduction, même si j’ai eu beaucoup d’amants, et même si aujourd’hui, je continue de plaire et de recevoir des hommages.

Depuis ma plus tendre enfance

Je sais à quel point le physique d’une femme importe. J’ai reçu en pleine face nombre remarques personnelles venant de proches ou d’étrangers sur mon corps. Du compliment à la critique, mon apparence plus importante que mon intelligence.

Hier, avec ma fille, nous avons croisé un homme accompagné d’autres, qui s’est permis une réflexion.

« Waouw ! Sont beaux les tatouages ! »

Certains se diront peut-être que ce n’est pas méchant, que si on ne peut plus faire de compliments blablabla… À tous ceux et celles-là, je leur dirai de fermer leur gueule, parce que c’est fatiguant d’entendre des conneries, bien plus que de les dires.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, ce n’est pas poli de faire des commentaires sur les corps d’autrui. Autrui ça veut dire les autres, hommes ou femmes, c’est pareil.

On en a rien à foutre de ce que le pécore moyen pense.

Peut-être qu’il nous tient à cœur de faire bonne impression au travail, de plaire à notre chéri.e, mais l’inconnu dans la rue, au mieux on s’en fou au pire, on s’en contre fou, alors vos gueules.

Il m’a répondu immédiatement que les tatouages étaient fait pour être vus.

Première nouvelle !

Mince, je suis tatouée, et j’étais persuadée que je l’avais fait pour moi. Vous vous rendez compte toutes ces années passées sans montrer mon cul ? Quel gâchis !

Je lui ai juste répondu : « Ben regarde et ferme ta gueule ». J’ai eu droit au couplet classique « vas te faire baiser gnagnagna, sale pute gnagnagna, je t’encule… »

Gnagnagna

Ce n’est évidemment pas ce genre de regard qui conditionne ma prise de tête quotidienne sur ma fibre capillaire, mon ventre en 8, ou mes fesses rubicondes. Évidemment que tous ces cons et ces connes si enclins à me commenter peuvent faire une grande fête de du covid 19 au parc des princes.

Je voudrais pouvoir avoir la sky-touffe de l’espace sur la tête, sans boule au ventre, je voudrais regarder ma tête fatiguée dans le miroir, en me disant simplement que j’ai l’air fatigué.

Est-ce que si les journaux, titraient, vous avez des cernes et des poils, on s’en fou, vous êtes confinés, on ne peut pas tout faire dans la vie, je ne me sentirais pas mieux ?

Est-ce que si les hommes passaient à côté des femmes sans leur imposer leur point de vue, ce ne serait pas merveilleux ?

Si, ça serait génial, et tant qu’on y est, arrêtez aussi les vannes sexistes. Ce n’est jamais drôle. Même vous ça ne vous fait pas vraiment rire. C’est juste un truc minable pour vous rassurer.

Confinement jour 41, je crois…

Lundi 20 avril.

Ca va. Franchement, ça va. Mes nuits et mes jours se confondent en un long temps irréel. Je passe par un peu tous les signes du zodiaque, mais vite fait, sans profondeur. C’est peut-être l’antidépresseur qui fait effet, ou comme le suggère une amie, une sorte de dissociation. Ou juste c’est moi qui suis comme ça. J’ai beaucoup lutté en début de confinement, contre moi, contre les différentes parties de moi qui s’engueulaient. J’ai fait mon Macron, j’ai écouté tout le monde et j’en ai fait qu’à ma tête. Non, ce n’est même pas vrai.

J’ai essayé de me souvenir des périodes de ma vie où je me sentais bien.

J’ai essayé de trouver le point commun. Puis j’ai essayé de l’adapter à la situation. Ce n’est pas miraculeux, mais je me sens mieux.
Je me suis remise au sport. Pas énorme, une demie heure par jour. Du Yoga sur une appli qui est gratuite pendant le confinement. Le gros avantage, c’est que la femme qui montre les postures est silencieuse, c’est une voix off qui donne les explications. Pas de maniérisme, pas de namaste mon cul, ni de bienveillance dans les bourrelets. J’exécute les enchaînements de mon mieux et c’est très bien comme ça. les bienfaits commencent à se faire ressentir. Je me sens un peu plus stable, plus forte.

Une liste de choses à faire,

Sans dead-line qui me stresse et me culpabilise. C’est juste un pense-bête, et selon l’humeur du jour, du moment, je pioche. Ça me permet de faire pas mal de choses. Je change souvent d’activités, je me lasse vite.

Ce confinement me permet de faire cette pause,

Je l’appelais de mes vœux depuis longtemps, mais que je ne pouvais pas m’offrir. Un long temps de trifouillage de nombril. Assez de temps pour lâcher l’ego, assez de temps, j’espère pour me poser de vraies questions.

Je reprends aussi tout doucement la main sur fb.

Ce truc est l’outil le plus dangereux que je connaisse. Il te prend et t’aspire en te vidant de tous tes ressorts. Il te plonge dans la contemplation de tes pairs, de loin, sans risque apparent. L’info immédiate, facile, de catastrophes en scandales, d’indignations en dénonciations, tu restes sagement le cul vissé chez toi, tu crois militer, agir, tu perds doucement pied.

Enfin, je dis « tu »…

Je ne parle que de moi. Je ne dis pas qu’il faut ne plus aller sur fb. Parce que je crois encore que l’on peu atteindre les gens, les informer. J’y crois parce que je fais parti de ceux qui ont été atteint et qui ont beaucoup appris. Le problème, est comment sortir de cette fascination, sortir du net, revenir à la réalité.

Pour l’instant, je m’exerce avec des trucs faciles, des trucs à la maison.

Quand on déconfinera, il faudra sortir pour de vrai, rencontrer des gens, pour de vrai. Réduire le gap entre ce que je pense et ce que je fais. Réduire la dissonance cognitive.

Ça me fait penser à mon adolescence

Je découvrais les adultes en proie a des contradictions criantes entre leurs discours et leurs actes. Ça me révoltait. Je me suis promis 100 fois de ne jamais m’éloigner de moi-même. Et puis… Ce n’est pas si facile. On n’est pas seuls au monde. Parfois, pour me rapprocher des autres, je me suis détournée de ce que j’étais. Parfois, en me cherchant, je me suis perdue. Le chemin peut être long et chaotique pour se retrouver dans ce grand bordel qu’est la vie.

Aller hop ! Un peu de compassion pour l’adulte que j’ai été, pour celle que je suis devenue.

C’est difficile de rester un être humain. D’être vivant pour de vrai. De ne pas confondre la vie vraie et la vie jouée. Nous finissons par être virtuels, même en vrai.

Je ne sais pas comment sera le déconfinement.

Seulement la suite du confinement ?
Pourrait-il y avoir un nouveau départ ?
À force de vivre un jour après l’autre, serai-je prête le jour J ?
Aurai-je la force de changer ? Aurons-nous la force de changer, en vrai ? Pas sur les bords, pas à la marge, pas en rêve projeté, pas en images et jolis discours sur le net.

Abandonnée

Comme je t'aime petite chose,
Tu es couchée là, devant moi
Sur une table de fer, tu reposes
Abandonnée, tu m'abandonnes moi.

Délivre-toi du sort
S'il te plaît, reviens-moi.

Je t'aime si fort et déjà
Tu es partie, attends-moi
Que je me couche tout contre toi.
Glissons ensemble au-delà.

Délivres moi la mort
S'il te plaît délivre moi.

Ta vie coule de mes veines,
Elle s'échappe et tout bas,
Le souvenir des joies vaines
Me tue, je ne meurs pas.

Délivre-toi du sort
S'il te plaît, reviens-moi.
Délivres moi ta mort
S'il te plaît, délivre-moi.

Entre chien et loup


Entre chien et loup, entre deux saisons, tu me reverras. Je viendrai sans prévenir, j’adore les surprises. Je l’ai souvent imaginé, j’en ai rêvé, puis réfléchi et enfin calculé. Maintenant, je suis prête, l’es-tu aussi ? Peu importe de toute façon, puisque c’est une surprise.


Je viendrai à toi, je pousserai ta porte, tu ne la fermes jamais. Je monterai tes escaliers, sur chaque marche, je le sais, quelque chose oublié. Un panier de légumes, un autre de bois, des bottes en caoutchouc, les tiennes, les siennes. Je préférerais qu’elle ne soit pas là. Il faudra que je fasse attention. Tu comprends, c’est préférable. Elle ne fait pas partie de notre histoire autant ne pas l’y faire sombrer. Je sais que tu es d’accord avec moi, elle, tu veux la protéger.

Je serai là, dans tes escaliers. J’entendrai le son de la télé, évidemment, un rai de lumière sous la porte entrebâillée. Est-ce que tes portes grincent ? Je ne m’en souviens plus, cela fait si longtemps ! Il y a dix ans la porte était neuve, je crois. Couine t-elle aujourd’hui ? C’est un risque à prendre. Je n’ai pas la possibilité de rentrer chez toi pour le vérifier, alors il faudra faire avec. Cependant, dans mon rêve, elle ne fait aucun bruit. C’est mieux pour la surprise.

La lumière du couloir est éteinte. Quand j’ouvre la porte du salon, tu ne l’entends pas. Tu ne la vois pas non plus. Elle est dans ton dos. Je m’avance en silence, doucement, comme un chat, je me glisse derrière toi. Lentement, je lève une main. Et tout d’un coup, très vite, dans un seul mouvement, j’attrape tes cheveux de la main gauche, de la main droite, j’ouvre ta gorge.

J’ai dans cette main un couteau de cuisine, tu les aimes tant. La lame est épaisse, parfaitement affûtée, c’est important ! Le manche est court, c’est mieux pour une bonne prise en main. Je ne me suis pas moqué de toi. C’est un beau couteau, il a bien coupé. Je l’ai essuyé sur ton ventre énorme. Bien sûr ton sang à taché le mur, les tapis, le canapé. Je ne sais pas si cela partira, j’en suis désolée, c’est elle qui lavera. Ce sera une bien petite punition pour t’avoir choisi, toi, alors qu’elle savait.

Je repartirai comme je suis venue. En silence, douce et furtive. Je sortirai de chez-toi, comme je suis venue, entre chien et loup, entre deux saisons, entre deux temps, entre deux mondes, entre deux cris, deux souffrances.

Contexte

C’est un texte que j’ai écris il y a longtemps, en 2006. A l’époque, le fait d’écrire ce rêve, puis l’avoir publié, m’avait fait du bien. Je ne l’avais pas contextualisé, parce que j’avais peur de sa violence. Aujourd’hui, elle ne m’effraie plus. C’est un rêve que j’ai fait tant de fois. Lui, c’est mon père. Aux dernières nouvelles, et je n’en ai pas depuis très longtemps, il est encore vivant. Je ne suis pas passée à l’acte. Je n’aurais jamais pu, même si j’ai cru en être capable.

Retourner la violence contre lui, plutôt que contre moi, la sublimer dans un texte, espérer qu’il le lise, qu’il sache ce qu’il m’évoquait, m’a permis d’avancer. Ce culot, de déballer cette violence qui me rongeait m’a été vraiment bénéfique. Aujourd’hui c’est un souvenir tendre envers celle que j’étais. Un hommage à son courage, à sa force, grâce à elle, je suis là.

Confinement jour 13

Dimanche 29

Putain, je sais que c’est mal de commencer un texte par une grossièreté, mais bon, comme dit feu ma grand-mère, fuck.

Changement d’heure dans la face, j’ai rien compris. J’avais mis le réveil à 9h30, histoire d’avoir une longue journée. En plus hier, je ne me sentais pas fatiguée, donc, je me suis dit que ce serait ok. Ce matin, je me suis péniblement réveillée à 14h30. Alors oui, je me suis couchée un peu avant 3 heures, en croyant qu’il était 1h30 et des poussières. (le changement d’heure est passé par là.) Je ne me souviens pas ce matin de l’épisode réveil matin. Bref, j’ai quand même dormi 12 heures.

Mince, j’étais à deux doigts de prendre une décision de ouf !

Je suis tentée, mais je n’ose pas, faire comme mes filles, me laisser aller au décalage et voir ce que ça donne. Je ne peux pas vraiment faire ça, mes ateliers ont repris et vaut mieux que j’ai les yeux en face des trous.

Sérieusement Aude, t’en est là ?

Je me sens tellement prisonnière ! Pas de mon appartement, mais de moi-même. Peut-être que le confinement m’oblige à le regarder en face. Je me sens bridée. C’est peut-être une interprétation romantique. Peut-être que plus prosaïquement, je rêve encore comme une enfant dans un monde d’adulte. Je suis juste normale avec des rêves de grandeur. Pas à la hauteur de mes fantasmes de gamine. Insatisfaite de ma vie, mais incapable de la changer. Pourquoi ne pas l’accepter telle qu’elle est ? Parce que ce serait m’avouer que je ne suis pas celle de mes rêves d’enfant.

Nan, faut pas déconner.

Je sais que je ne suis pas géniale, ni une merde totale. C’est juste que je me fais chier et que j’ai une flemme monumentale. Une flemme qui me fait rêver de faire une cure de sommeil, de me laisser me décaler pour voir ce que ça donne. Une flemme qui me dit de rester sur mon canapé, à regarder par la fenêtre, lire des trucs sur le net, picorer, à droite, à gauche, sur cette immense ouverture qu’est le net. Je suis comme une mamie qui, sur son fauteuil, regarde le monde sans y participer.

Et puis après, je culpabilise.

Parce qu’il y a untel qui est toujours hyper occupé, dont les journées se bousculent. Il y a tel autre qui est sur 36 projets en même temps, ou truc, injoignable, même confiné, parce qu’il ne sait pas comment il fait pour se retrouver quand même débordé et qui n’a pas le temps de rappeler.

Répondre aux injonctions pour mériter la valorisation

J’ai écrit un texte pour mes ados sur les injonctions qui pèsent sur le corps des femmes, quelque part, je pourrais écrire le même sur les injonctions à l’activité. Pour le coup, je ne crois pas que ce soit genré, mais c’est de notre devoir d’être des putains d’hyper actifs, sinon on est des parasites, des sous-merdes.

L’Hyperactivité est valorisée, et j’ai besoin d’être valorisée. J’ai des difficultés à le faire moi-même, et pourtant, on devrait être autonome affectivement comme on l’est financièrement.

Et bien, je ne suis totalement ni l’un ni l’autre. Socialement, je suis une sous-merde, un parasite qui vit au crochet d’une société. Ceux qui me connaissent veulent bien me pardonner parce que je suis sympa et que je les fais marrer. Et comme j’ai une grande gueule, j’ai l’air d’être super forte. Mais sur une ligne comptable, je ne mérite pas ma vie. c’est moche, hein ?

Naître ne suffit pas pour exister

Je suis née, c’est un fait. Pourquoi est ce qu’une fois vivante, je devrais mériter ma vie, la gagner. Je l’ai, c’est tout ! Oui, me répond-je à moi-même. Mais la société tout entière travaille, et toi, tu profites de la solidarité des autres. Tu vis au crochet du système social. Sans ces aides, quelle aurait été ta vie ?

J’aurais certainement eu une vie plus difficile, en trimant, comme tant d’autres, pour des « seigneurs » qui s’enrichissent outrageusement avec la force de travail du peuple qu’ils dominent, sans respect, ni reconnaissance.

La flemme

La question que je me pose, est, si je me laissais aller à ma flemme. Est ce que je finirai comme une serpillière abandonnée dans un caniveau de citée, où est ce qu’une fois débarrassée de ma culpabilité, mon seul désir, me mènerai vers des activités ? Délivrée de la pression, est ce que je m’épanouirai dans le champ de tous mes possibles ?

Ceci dit, suis-je obligée d’expérimenter la chose pour y répondre ? Ne puis je pas décider que la pression, je m’en fou ? Que je fais mes choix, libérée des injonctions de la vie sociale ?

France d’en haut, France d’en bas; Ceux qui réussissent, ceux qui ne sont rien.

Concrètement, ni l’un ni l’autre. Je ne peux/veut pas prendre le risque de finir sdf, et le monde dans lequel je vis a des règles auxquelles je suis obligée de me soumettre, plus où moins. Et puis ce serait illusoire de croire que je suis assez fortiche pour me débarrasser en un claquement de doigt, de mon éducation parentale, sociale, et de la pression de toute une société dont je fais parti.

J’adore quand je fais le tour du monde pour retomber sur mes pas. Je me dis que c’était vachement utile.

Deuxième dimanche de confinement, je crois que je pète un câble.

Et vous, vous vous positionnez comment par rapport à l’activité, la société ? Vous vous sentez dedans, à côté (de la plaque), est ce qu’il vous semble que vous lui devez quelque chose ? J’aimerais bien savoir comment ça marche dans d’autres têtes.

La flemme – Suzanne

Confinement, jour 11 et 12

vendredi 27

Je ne sais plus trop ce que j’ai fait hier. Est ce que c’est normal ou mon cerveau se détériore ?
Je me souviens qu’hier j’ai beaucoup joué aux Sims. J’ai eu deux apéro visio. Dans un moment normal, j’aurais dû choisir.
Certains de mes amis psychotent, vivent mal ce confinement. Étrangement, je n’ai pas peur d’attraper le virus. Enfin, je ne crois pas que je vais l’attraper. Et puis l’isolement, ma fois, ça ne change pas trop de mon quotidien. Ce n’est pas comme si je sortais souvent. J’avoue que de me remettre au boulot m’a redonné de l’énergie.

Hier soir, j’ai regardé sur youtube, un ballet. « Last Work by Ohad Naharin performed by Batsheva Dance Company » Juste magnifique. Ca faisait longtemps. J’aime beaucoup cette compagnie. Je ne l’ai jamais vu qu’en vidéo, mais je les trouve extraordinaires. En allant me coucher, j’avais envie de danser. Tous mes mouvements devenaient danse. Je me suis endormie comme un bébé.

Samedi 23

Je me suis levée assez tôt « 10h00 ». Ok, ce n’est pas tôt, mais c’est plus tôt que 13 heures. Donc, c’est tôt. Ok ?

Un brin de ménage… Oups ! J’ai encore oublié le linge dans la machine. Bon ben ce coup-ci, j’y vais.

Confinement, jours 9 et 10

Mardi 24 et mercredi 25 mars

Jour 9, Mardi 24

Hier, je n’ai pas écrit. Je n’étais pas très bien, mal à la tête, fatiguée, pas le moral. J’avais envie de rien et il me le rendait bien. J’ai bossé à la prépas d’ateliers, essayé de gérer logiciels et bande passante, bref, que du truc plaisant. En fin de journée, je me suis mis un énorme coup de pompe dans le cul pour faire mes ateliers impro en visio. Je n’étais pas motivée du tout, alors que quelques jours avant, j’étais hyper partante. J’ai bien fait de me secouer, parce que ça m’a fait du bien.

Se sentir utile, quelle histoire !

C’était un peu étrange de faire du théâtre comme ça. Il manquait la première ces choses, l’engagement du corps, la chaleur du contact direct. Mais c’était bien pour se concentrer sur d’autres parties du travail. Donc je ne regrette pas. Et puis rire à nouveau avec mes élèves, me sentir utile, c’est vraiment agréable. Ça m’a remis la pêche pour toute la soirée et je me suis couchée à 3 heures du matin, après avoir joué au Sims.

Mercredi 25

J’ai vraiment des problèmes avec le réveil. Je me suis levée à 13 heures passées, complètement déphasée. J’avais mis mon réveil pour ne pas me lever trop tard, mais il a « sonné » en silencieux, je n’ai pas entendu le vibreur, je ne comprends pas. Moi qui d’habitude est facilement réveillée, là, rien. Ce soir, je me remet le réveil et je vérifie qu’il fonctionne bien. Je n’ai pas l’intention de me lever à 7 heures du matin, mais 9 heures ou 10 heures, ce serait déjà bien, histoire d’avoir des journées à peu près normales. Ce soir, je vais essayer de me coucher plus tôt.

J’ai fait un atelier ado, et commencé à en organiser deux autres. Je n’aurai pas tous mes élèves, mais au moins je ne perdrai pas tout.
Au fait, bonne nouvelle, il semble que je ne vais pas trop perdre. Je saurai à la fin du mois vraiment combien je vais toucher pour ce mois, mais a priori, ce sera mieux que ce que je craignais. Youpi !!!

Ensuite apéro visio avec mon chéri et mes amis d’Amiens. C’était super cool. Ça m’a fait plaisir de les voir.

Je suis allée faire des courses, il y avait pas mal de produit en rupture de stock. Évidemment les moins chers. Du coup, je n’ai pas acheté tout ce que je voulais. j’y retournerai vendredi, peut être que le milieu de la semaine n’est pas un bon jour.

Je suis fatiguée, et je sens revenir le cafard. J’ai donné beaucoup d’énergie pour pas-grand-chose. J’en ai marre d’être comme ça. J’ai l’impression que le confinement amplifie le fait de ne rien avoir envie de faire, tout en m’ennuyant, en ayant peur d’être débordée au moindre truc, et épuisée pour un rien.

Je continue de culpabiliser de ne pas réussir à faire ce que je m’étais dit que je ferais.

Je ne sais pas si le confinement me fait tourner en bourrique ou si je suis juste irrécupérable. Comment est ce que je vais m’occuper ce soir ?

Confinement jour 7 et 8

dimanche 22 mars

16 heures

Décidément je n’arriverai pas a me lever à une heure raisonnable, ni me coucher. Il est 16h, en me levant, j’ai fait un chouille de ménage, j’ai fini mon ouvrage de dames, publié mon texte d’hier et lu quelques articles via FB. Et puis c’est tout. J’ai rien fait et il est 16h. Bordel. Je me suis levée à 13 heures, grâce aux chats, sinon, je me demande si je ne serai pas encore au lit. Moi qui fais des insomnies régulières, là, je dors… presque trop.


J’avais prévu plein de trucs pour aujourd’hui. Faire du home-trainer, écrire une nouvelle, jouer avec mes cheveux. C’est horrible, j’ai une montée d’angoisse. Et si le confinement s’arrêtait demain et que je n’avais rien fait de ma semaine ! Pourquoi le temps est-il si lent et si rapide, pourquoi est-ce que je ressens  cette pression de productivité sans en avoir l’énergie. AAAHHHH BORDEL !!! Je déteste ça !

Il faudrait des cellules de psy pour aider à vivre le confinement. Entretien par téléphone ou en visio. Et quand je dis cellule, je veux dire cellule de crise, donc gratuit et accessible à « tous ». je mets en guillemets, parce que je sais que tout le monde n’a pas la chance d’avoir le matériel adéquat.

17 heures

Je continue de lire des articles de presse qui confirment mon sentiment d’un traitement de la crise sanitaire digne d’un pays du tiers-monde. Sans offense pour ces pays, mais la France est soi-disant un pays développé. Et puis qu’est-ce que prévoit le gouvernement quand il prévoit dans sa nouvelle loi d’état d’urgence sanitaire, de ne pas mettre de date de fin ? Il a été voté pour une durée d’un mois, serait renouvelable et pourra être décrété par un simple décret. Sait-il que l’épidémie risque de durer des mois vus leur incapacité à la juguler ? Est-ce pour d’autres raisons, des raisons plus politiques ?

Jour 8 lundi 23 mars

20h45

Hier je n’ai pas réussi à m’endormir avant 5 h du mat. Et ce matin, j’avais une réunion à 10 h. Autant dire que ça a piqué. J’ai toussé à plusieurs reprises pendant la réunion. Je sens comme une gêne sur la poitrine. Ce n’est quasi rien et parfois je ne sens rien. Par moments, je me sens comme en un début de commencement de crève, presque imperceptible. Je ne m’affole pas. C’est peut-être dû à la fatigue. Je surveille.

Aujourd’hui ça a été une journée boulotte. Deux heures de réu le matin, puis deux de de Sim’s l’après midi, et encore une réunion. Entre deux des tentatives de mettre en place des logiciels et des rendez-vous pour mettre en place mes différents ateliers théâtre en visio. Ce sera une grande première. J’ai fait 10 minutes d’étirement, aussi. Un truc de fou.

Là maintenant tout de suite, je me blottirais bien dans les bras de mon homme.